Archives de la catégorie Etat des lieux

Kadhafi aurait financé Sarkozy pour sa campagne de 2007

Dans un article complet, mais payant, Médiapart apporte des éléments troublants à partir de copies de documents qui tendraient à prouver que Kadhafi aurait financé pour 50 millions d’euros la campagne de 2007 de Sarkozy avec l’implication de Guéant, Hortefeux et Takieddine. Trois anciens ou actuels ministres de l’Intérieur ! Voici quelques éléments, les documents étant sur Médiapart.

RAma yade kadhafi

Voici le texte de la page en libre accès suivi de l’introduction de la page payante de Médiapart : Selon un document consulté par Mediapart, le marchand d’armes Ziad Takieddine, organisateur en 2005 et 2007 des visites de Nicolas Sarkozy et de ses proches en Libye, aurait mis en place les « modalités de financement » de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime de Kadhafi, en lien avec Brice Hortefeux, alors ministre des collectivités locales, et Saïf al-Islam. Un montant de 50 millions d’euros, une banque suisse et un compte à Panama sont évoqués dans ce document.

Le 18 octobre 2011, les policiers ont versé au dossier d’instruction une note de synthèse sur laquelle figure une référence à un document baptisé « GEN/ NS V. MEMO DG », qui contient sans les expliciter les initiales du président de la République. Cette note de synthèse a été rédigée et remise aux enquêteurs par un témoin du dossier, Jean-Charles Brisard, ancien membre de l’équipe de campagne d’Edouard Balladur, en 1995, aujourd’hui dirigeant d’une société de renseignements privée. Le document contient aussi les références du compte suisse de la sœur de Jean-François Copé, le patron de l’UMP, dont M. Brisard est un proche.

Dans le corps de l’article apparaissent divers personnages : monsieur Brisard, témoin clé qui a fait la note de synthèse, le neuro-chirurgien, Didier Grosskof qui a opéré à la demande de Copé, alors ministre (le tout payé par la République bonne fille) le sieur Takieddine ayant subi un traumatisme crânien en avril 2004 lors d’un possible accident de voiture qui pourrait être une tentative de meurtre, et qui ensuite s’est occupé de ce malade et de son suivi médical en France, Copé, l’ami commun, Guéant et Hortefeux tous deux émissaires en Libye et Sarkozy qui s’est rendu plusieurs fois chez Kadhafi.

Dans la note de synthèse remise à la police n’apparaît pas le témoignage du chirurgien qui a donné une version complète à ce Brisard, ce médecin considérant Takieddine comme un des plus grands corrupteurs qui soit. Le chirurgien : « C’est une affaire qui dépasse l’imagination la plus féconde, poursuit le Dr Grosskopf. Je suis désolé comme citoyen par cette affaire. Mais je ne pouvais pas imaginer, en organisant le rapatriement sanitaire de ce monsieur, qu’il s’agissait du plus grand corrupteur de la République. » Le docteur dit en vouloir « au pouvoir » qui l’a entraîné là, mais pas à Jean-François Copé « qui reste un ami ».

Souvenons-nous qu’en mars 2011 Takieddine a été arrêté par la douane française en possession d’1,5 million d’euros en provenance de Libye, et en liquide. Rappelons-nous aussi que le fils de Kadhafi avait nommément accusé Sarkozy d’avoir été financé par la Libye sans que cela ne déclenche d’enquête en France alors que le parquet aurait dû se saisir de l’information et agir. Le soupçon d’une participation libyenne au financement de Nicolas Sarkozy avait été alimenté par les autorités de Tripoli elles-mêmes il y a un an par les déclarations spectaculaires de Kadhafi et de son fils, Saïf al-Islam. Dès le mois de mars 2011, deux jours avant l’intervention militaire occidentale, ce dernier avait accusé le pouvoir français dans un entretien donné à la chaîne Euronews : « Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. »

« La première chose que l’on demande à ce clown, c’est de rendre l’argent au peuple libyen, avait-il ajouté. Nous lui avons accordé une aide afin qu’il œuvre pour le peuple libyen, mais il nous a déçus. Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement. »

Dans cette note de synthèse il est indiqué que ce serait lors de la visite de Sarkozy et Hortefeux que le système de financement aurait été mis en place, le 6 octobre 2005. L’argent aurait transité par une société panaméenne et une banque suisse. Le document est on ne plus clair :

 MEMO DG
SUISSE
 20.12.2006

 CAMP07
 MODALITES FIN CAMPAGNE NS REGLEES LORS DE LA VISITE LIBYE NS + BH 06.10.2005
 PLUSIEURS ENTRETIENS PREALABLES ENTRE ZT ET SAIF AL ISLAM
 ZT CHARGE DU MONTAGE
 ZT INTERV CONTRATS COMM SEC ARMEES ET CARTES ID A PUCES

 FIN LIB 50 ME
 MONTAGE INCLUT SOC BH PAN + BANQUE SUISSE (ND)
 FIN CAMPAGNE TOTALEMENT REGLE

Campagne totalement réglée ! Quoi de mieux ?

Il faut tirer de cet article plusieurs conclusions :

– que la presse devrait faire son travail et introduire ces informations dans la campagne électorale jusqu’à obtenir des réponses

– si cette information est avérée cela implique que Sarkozy a financé illégalement sa campagne électorale de 2007 qu’il est donc illégitime à la tête de la République française, qu’il ne peut décemment pas se représenter

– que ce financement, s’il est avéré, a poussé Sarkozy à inviter Kadhafi à la grande honte de la France, il nous y aura impliqués à notre corps défendant

– que, si ceci est vrai, on peut se poser la question de la mort de Kadhafi d’abord bombardé par l’armée française et nos devons savoir si l’ordre d’éliminer Kadhafi, s’il y a eu ordre, venait de l’Elysée, qui imposerait la Haute Cour de Justice pour juger Sarkozy d’avoir usé des forces militaires françaises pour vouloir faire assassiner un chef d’Etat afin de protéger le secret du financement occulte et illégale de sa campagne de 2007.

Il nous reste moins de six semaines pour nous débarrasser de ce pouvoir. Souvenons-nous à chaque instant de cette campagne qu’Eric Woerth a été mis deux fois en examen dont une pour recel de financement illégal de parti ce qui est une forte suspicion de l’illégalité de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 et donc l’illégalité de son élection. Trouvez aussi ici la vraie timeline de Sarkozy (journal Facebook) Faisons notre Révolution en 2012, et avant si possible. Et votez en conscience après avoir lu ce livre des méfaits du clan Sarkozy Le Sarkozyland et ses méfaits(epub) ou Le Sarkozyland et ses méfaits(issuu)   Lire la suite »

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Maisons de retraite : irrespect des personnes et infantilisation méprisante

Vous avez dix minutes? Alors, prenez-les pour écouter cette lycéenne. Elle vient de remporter le concours de plaidoirie organisé par le Mémorial de Caen. Elle a choisi pour thème le bout du bout de la vie, celui que nous redoutons tous, et elle l’a transcendé.

Le problème ne vient pas seulement du nombre d’aide-soignants dans les maisons de retraites, mais des maisons de retraites elles-mêmes. C’est tout le système qu’il faudrait changer, en incorporant les vieux à la société, comme dans la civilisation amérindienne, et en abandonnant cette culture de la productivité et de l’argent.

C’est toute la société qui a dérivé. Là encore de la folie à la sagesse il y a loin de la coupe aux lèvres… Mais comment garder chez soi un vieillard surtout en ville,  lorsque les prix de l’immobilier ont atteint de tels sommets que les m2 sont comptés ?
Comment garder chez soi un parent à peine valide lorsqu’on arrive tout juste  à gérer les enfants et que l’on court sans arrêt entre le boulot et les obligations de la vie ?

Il faudrait faire des sacrifices par amour de ces vieux qui eux mêmes se sont sacrifiés pour nous lancer dans la vie… Ce n’est pas l’optique de la société actuelle, nous le savons bien. Quand aux mouroirs incriminés, il faut être allé dans ces lieux pour en mesurer la tristesse, l’irrespect des personnes par le biais d’une infantilisation méprisante, et l’acharnement à vouloir maintenir en vie des personnes que l’on prive à 90 ans, même du plaisir de manger,  sous prétexte qu’ils ont un « régime »… Les laisser mourir, à un certain stade, serait une charité. On fait piquer nos animaux chéris arrivés au bout par compassion, mais on torture nos vieillards à coup de traitement, d’opérations non justifiées, de frustrations de tout genre pour alimenter le Léviathan économique…

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La guerre de l’eau

Du lac Nasser, en Égypte, à la mer d’Aral, en Asie centrale, en passant par le Brésil, l’Argentine, la Chine, l’Amérique du Nord et l’Islande, le premier volet de cette série documentaire passe en revue quelques grands projets hydrologiques, destinés à maîtriser l’eau et son approvisionnement.

Au travers de cet étonnant tour du monde aquatique, Anders Taylor Larsen souligne la valeur géopolitique de cette indispensable ressource naturelle, qui non seulement dessine et délimite les territoires, mais conditionne aussi la vie des hommes et des écosystèmes sur tous les continents.

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L’oligarchie n’existe pas, la preuve…

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La classe politique française soumise à Israël : Un État dans l’État

Sarkozy au CRIF : « Israël, c’est un miracle »

Lors du dîner du Crif, le 8 février, Nicolas Sarkozy a crié son amour d’Israël : « Israël, c’est un miracle« , a-t-il répété à plusieurs reprises. Il a tenu à rassurer les Israéliens en promettant : « Jamais la France ne reconnaîtra unilatéralement et sans conditions l’Etat palestinien« . Le président de la République française (je le précise) a assuré Israël de son soutien lors d’un éventuel conflit armé avec l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad. « Toute mon histoire, ça a été d’être proche d’Israël« , a-t-il insisté.

Nicolas Sarkozy a aussi révisé l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale : selon lui, la France et l’Allemagne ont eu « l’idée folle de la Shoah« … Vous avez bien entendu : la France, avec l’Allemagne, a eu l’idée d’exterminer les juifs d’Europe ! C’est un scoop ! Souvenez-vous : en 2007, celui qui n’était pas encore chef de l’Etat avait tenu un discours très différent : « La France n’a jamais exterminé un peuple, la France n’a pas inventé la Solution finale, la France n’a pas commis de crime contre l’humanité, la France n’a pas commis de génocide…« 

Diantre ! Mais que s’est-il passé en cinq ans pour que la France soit désormais co-responsable, à égalité avec l’Allemagne nazie, de la Shoah ? Peut-être est-ce une question de public : en 2007, Sarkozy s’adressait à un parterre de militants qu’il fallait galvaniser. Il fallait montrer les muscles. Il fallait être fier. Pas de repentance ! Mais en 2012, il parle devant le Crif, sorte d’ambassade israélienne en France, et là Sarko se repent et abaisse la France.

Voici le discours de Nicolas Sarkozy dans son intégralité. Le passage sur la France et l’Allemagne co-responsables de la Shoah se situe à la 7e minute :

Tout le gouvernement, et même toute la classe politique française s’était donnée rendez-vous au dîner du Crif, ce raout incontournable pour qui veut sérieusement briguer le pouvoir en France, à l’exception de François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan, et bien sûr les extrêmes (FN, Front de gauche et Verts), boycottés par le Crif pour leur hostilité à l’égard d’Israël. Le journaliste de Public Sénat, qui a une curieuse conception de la République, répète à plusieurs reprises que le dîner du Crif est un « dîner républicain« … alors qu’il s’agit, faut-il le rappeler, d’un dîner communautariste.

Allez, pour le plaisir, réécoutons ces belles archives qui nous montrent un lieutenant de François Hollande (l’homme qui a promis au Crif une grande « sévérité à l’égard des actes antisémites et antisionistes« ) et plusieurs proches de Nicolas Sarkozy dire leur attachement indéfectible et même éternel à Israël… en espérant qu’ils aient au moins le même pour leur pays :

Manuel Valls : « Je suis lié de manière éternelle à Israël » http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=NIfwf19L4lg

Claude Goasguen : « Nous serons les alliés indéfectibles d’Israël, nous défendrons Israël jusqu’au bout, c’est notre destinée, à nous de la république de France« 

Eric Raoult : « Pour moi, Israël, c’est plus important que les retraites »

Enfin, Claude Guéant, à Marseille (France), entre deux drapeaux israéliens :

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« Un monde s’écroule sous nos yeux »

Dans ce grand entretien, Frédéric Lordon nous livre ses commentaires et analyses de la crise économique actuelle et de ses origines. Avec un ton incisif et un regard acerbe, il revient sur les causes et effets de la crise elle-même, mais commente également le traitement de l’économie par les médias, la place de l’économie au sein de l’institution universitaire, et l’éventuelle sortie de l’euro. Sonnant le glas du projet néolibéral, l’actualité est, nous dit-il, une occasion unique de changements profonds : un monde s’écroule sous nos yeux.

RdL : Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui est en train d’arriver sous nos yeux, depuis au moins une trentaine d’années, depuis 2008, depuis quelques mois, ces dernières semaines ?

Frédéric Lordon : C’est une leçon de choses historiques. Ouvrons bien les yeux, on n’a pas souvent l’occasion d’en voir de pareilles. Nous assistons à l’écroulement d’un monde et ça va faire du gravât. L’histoire économique, en tout cas celle qui a fait le choix de ne pas être totalement bornée – je veux parler d’auteurs comme Kindleberger, Minsky ou Galbraith – a depuis longtemps médité l’effrayant pouvoir de destruction de la finance libéralisée. Il fallait de puissants intérêts – très évidemment constitués – à la cécité historique pour remettre sur les rails ce train de la finance qui a déjà causé tant de désastres ; en France, comme on sait, c’est la gauche de gouvernement qui s’en est chargée.

De sorte que, à la lumière de ces leçons de l’histoire, on pouvait dès le premier moment de la dérégulation financière annoncer la perspective d’une immense catastrophe, et ce sans pourtant savoir ni où, ni quand, ni comment exactement elle allait se produire. La catastrophe en question aura pris vingt ans pour survenir, mais voilà, nous y sommes.

Notons tout de même qu’un scénario que certains avaient envisagé d’assez longue date considérait l’hypothèse de la succession de crises financières sérieuses, rattrapées mais, aucune des contradictions fondamentales de la finance de marché n’étant résolues, enchaînées selon un ordre de gravité croissante, jusqu’à la big one.

Sous ce rapport, la première crise de la série n’aura pas pris un an pour se manifester puisque le grand krach boursier se produit en 1987… après le big bang de 1986. Puis elles se sont succédé à intervalle moyen de trois ans. Et nous voilà en 2007. 2007, n’est-ce pas, et pas 2010. Car le discours libéral n’a rien de plus pressé que de nous faire avaler l’idée d’une crise des dettes publiques tout à fait autonome, européenne dans son principe, et imputable à une fatalité d’essence de l’État impécunieux. Lire la suite »

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Documentaire : La consommation à outrance…je consomme donc je suis.

Dans la société de consommation moderne le neuf et le beau ne suffisent plus: il faut posséder (parfois en plusieurs exemplaires) les produits dernier cri les plus performants. Les achats ne sont plus destinés à répondre à des besoins fondamentaux mais à satisfaire nos désirs à être enviés à épater. Conséquence: le bonheur que procure l’acquisition d’un nouvel objet est toujours plus éphémère; nous sommes en proie à un sentiment d’insatisfaction permanente. De plus, la durée de vie des produits ne cesse de diminuer, conduisant à l’épuisement des ressources et à l’accumulation des déchets. Derrière l’attitude de ces acheteurs boulimiques se profile un véritable scénario catastrophe. Est-il trop tard pour arrêter la machine que nous avons lancée? Sociologues, psychologues, philosophes, spécialistes du marketing et de la publicité reviennent sur les limites du consumérisme et notre recherche effrénée du bonheur. Un documentaire sans concession sur les limites du capitalisme et du rêve américain.

Les 2 autres parties du documentaire ici : Lire la suite »

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La régression intellectuelle de la France

France régression intellectuelleLa France des années 2010 ressemble de moins en moins à la France des Lumières et des libres penseurs occidentaux du 19ème siècle, qu’ils soient allemands, anglais ou français. Tel est le sévère constat tracé par Philippe Nemo qui dans un court essai, entre analyse et pamphlet, nous confie qu’il ne reconnaît plus le grand pays intellectuel que fut la France il y a quelques décennies (La régression intellectuelle de la France, Texquis, 2011). En spécialiste de la pensée libérale et de la philosophie politique, Nemo fonde ses conclusions sur une analyse très fine des lois votées par le Parlement qui, sous prétexte de protéger la mémoire et les communautés, interdisent, pour ne pas dire censurent, des propos qui pourtant, bien que pouvant choquer, ont toute leur place dans le débat public. La loi Gayssot est visée, servant d’illustration édifiante à une ambiance d’époque assez bien croquée par l’auteur qui voit l’émergence d’une censure généralisée de l’exposé de certains sujets qu’il ne faut pas aborder et qui font prendre à celui qui s’y engage le risque d’être sévèrement condamnée par la juridiction. Naïfs que nous sommes en tant qu’honnêtes citoyens, nous trouvons en général que ces lois interdisant des tas de propos « méchants » participent d’une bonne intention et d’une paix républicaine. Or, ces lois représentent une régression des libertés et c’est l’intérêt de cette étude sur les « lois censurielles » que de nous alerter sur un « esprit contemporain » qui tend de plus en plus à façonner le paysage intellectuel tout en contraignant quelques thèmes sensibles à être exclus du débat public.

La loi du 29 juillet 1881 régit la liberté d’expression dans la presse depuis plus d’un siècle. Elle est considérée comme fondatrice, héritière des combats pour la liberté menés pendant des décennies, tout en étant interprétée comme une émanation de la déclaration de 1789, date symbolique qui comme le souligne Nemo dans d’autres publications, se démarque de 1793, symbole de la terreur et de la dictature jacobine. Cette loi de 1881 établit le pluralisme des opinions publiques, interdisant uniquement les propos susceptibles de nuire à la dignité des personnes ou à l’ordre public. Sont proscrites, la diffamation, l’injure et l’incitation à l’émeute. D’après Nemo, un premier coup de canif à cette loi fut apporté en 1972, sous le gouvernement Chaban, par la loi Pleven interdisant, au nom de la lutte contre le racisme, l’incitation à la haine. L’auteur insiste sur quelques détails et Dieu sait si le diable est logé dans les détails. Notamment le fait que la haine ne soit pas un acte mais un sentiment, lié à l’intériorité. De plus, on se demande comment établir avec certitude un supposé effet incitatif. Selon Nemo, cette loi ferait régresser le droit pénal en deçà d’Abélard, un droit qui punit des propos avant même qu’ils ne causent des torts et sans qu’on puisse établir avec certitude qu’ils puissent en causer (pour rappel, le droit français impose à l’accusation d’établir avec certitude la preuve du délit) Lire la suite »

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Une histoire de contentieux avec la modernité

productivisme« Je ne partage pas l’idée selon laquelle l’économie de marché à sorti le monde de la précarité. Je suis témoin du contraire. Dans cette oasis du Sud algérien où j’ai grandi, j’ai vu une petite société pastorale bouleversée par l’arrivée de l’industrie houillère. Mon père, qui faisait chanter l’enclume pour entretenir les outils des cultivateurs, a dû fermer son atelier pour s’abîmer dans les entrailles de la terre. Au Nord comme au Sud, des hommes ont été consignés pour faire grossir un capital financier dont ils n’avaient que des miettes. Ils y ont perdu leur liberté, leur dignité, leurs savoir-faire. J’avais 20 ans quand j’ai réalisé que la modernité n’était qu’une vaste imposture.

Je n’ai cessé, depuis, de rechercher les moyens d’échapper au salariat, que je considère, à tort ou à raison, comme facteur d’aliénation. C’est ainsi que je suis devenu « paysan agroécologiste sans frontières ». Depuis trente ans, j’enseigne en Afrique des techniques que j’ai débord expérimentées sur notre ferme ardéchoise. Je rencontre des agriculteurs pris dans le traquenard de la mondialisation. Des hommes à qui l’on a dit : « Le gouvernement compte sur vous pour produire des devises avec des denrées exportables. Vous devez cultiver plus d’arachide, de coton, de café. Il vous faut pour cela des engrais, des semences, des pesticides. » Dans un premier temps, on leur distribue gratuitement. Cadeau empoisonné. Car, à l’évidence, la terre est dopée et la récolte est plus abondante. Impressionné, le paysan retourne à la coopérative. Cette fois, les produits miracles sont en vente, à prix indexé sur celui du pétrole qui a servi à produire des engrais. « Tu n’as pas d’argent ? On va te les avancer et on déduira de la vente de ta récolte. »

Le paysan sahélien qui cultivait un lopin familial se retrouve alors propulsé par la loi du marché dans la même arène que le gros producteur de plaines américaines ; endetté, puis insolvable. On a ainsi provoqué une misère de masse, bien au-delà de la pauvreté. Le travail que nous faisons au Burkina Faso, au Maroc, au Mali et, depuis peu, au Bénin et en Romanie, consiste à affranchir les agriculteurs en leur transmettant des savoir-faire écologiques et en réhabilitant leurs pratiques traditionnelles.

Pendant des siècles, on a su travailler la terre sans intrants et sans la crise qui affecte aujourd’hui même les pays dits prospères. Je réfléchis à la création d’un modèle qui s’appellerait « un hectare, une famille, un habitat ». Demain, on ne pourra plus assurer les retraites, les indemnités de chômage (pas tout à fait exact, je vous invite a visionner cette vidéo explicative). Il faudra réapprendre à vivre avec un potager, un verger, un clapier, un poulailler, une ruche et des petits ruminants. Retrouver une performance qui ne se fonde pas sur une croissance illusoire mais sur la capacité à satisfaire ses besoins avec les moyens les plus simples. »

Pierre Rabhi

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Le système scolaire français vers la fin de l’intelligence?

Au nom de l’idéologique égalitaire et sous couvert de lutte contre les discriminations, les idéologues de l’enseignement ont programmé la fin de la culture, de la connaissance et finalement de l’intelligence. La preuve par Sciences po …

L’homme de l’avenir sera celui qui aura la plus longue mémoire», disait Nietzsche. Dans la chronique devenue presque quotidienne des coups portés au savoir et à la culture française, un fait retient tout particulièrement l’attention. Sciences po, un de ces objets qui sans voler bien haut n’ont jamais pu être vraiment identifiés, a annoncé dans le cadre de la réforme de sa procédure d’admission la surpression de l’épreuve de culture générale.

Cette mesure s’inscrivait dans une politique affichée de lutte contre les discriminations impulsée par son directeur bien connu, Richard Descoings. Constatant que le système scolaire français entraînait un phénomène de reproduction sociale, le prestigieux institut a fait depuis quelques années de la discrimination positive son cheval de bataille. L’objectif est d’introduire à Sciences po un tiers de boursiers, en nouant des partenariats avec des lycées de banlieue pour faciliter l’entrée d’élèves décrits comme particulièrement doués, mais dont le milieu social, familial et scolaire ne concourrait pas à l’épanouissement intellectuel.

La direction de l’institut aurait pu en rester là et attendre que la mesure produise ses effets. Mais il paraissait nécessaire à Richard Descoings d’accélérer la marche vers l’égalité réelle, quitte à faire passer par pertes et profits le rôle central de son institut dans la formation des élites intellectuelles, économiques et politiques de la France. L’élève de terminale ne sera donc plus aujourd’hui évalué sur sa culture générale et sa capacité de rédaction, mais sur des critères « d’ intelligences », « d’intensité du parcours », de personnalité ou « d’engagement dans la vie associative, sportive, politique ou syndicale ».

Cette réforme soulève plusieurs graves questions. Lire la suite »

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Documentaire sur les aberrations « pédagogistes » de l’éducation nationale

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L’échec du multiculturalisme

multiculturalisme thuram rokhaya dialloLes sociétés européennes traversent actuellement ce qu’on pourrait appeler une “crise du multiculturalisme” résultant d’un manque d’intégration de certaines populations extra-européennes (en particulier musulmanes) arrivées massivement et récemment sur le sol européen, ce qui occasionne de profonds bouleversements. Au-delà de la constatation des faits directement visibles, il est intéressant de comprendre les mécanismes qui ont d’abord permis la fragilisation des sociétés européennes de l’intérieur, et en quoi ils sont révélateurs des travers d’une certaine mentalité dite “progressiste”.

Le propre des diverses cultures humaines a toujours été d’introduire dans les rapports humains et les événements sociaux une part de symbolique. Se serrer la main, applaudir (ou siffler) à la fin d’un spectacle, respecter une minute de silence sont par exemple autant d’attitudes qui n’ont pas de signification intrinsèque mais uniquement symbolique dans une culture donnée. De la même manière, les événements collectifs (rencontres sportives, célébrations religieuses, fêtes) comportent également une part de symbolique, dont la portée dépasse souvent l’événement en lui-même : en se réunissant au même moment pour un même motif, on perpétue une tradition, on se rencontre, on partage des mêmes valeurs. L’ensemble de ces traditions, rites, usages que l’on connaît sans les avoir jamais appris explicitement constitue justement la culture, et est propre à chaque peuple, société ou groupe.

Dans toutes les civilisations et, à plus petite échelle, dans toute société, ethnie ou groupe (et c’est particulièrement visible dans les sociétés primitives), ces diverses usages aboutissent à la formations d’éléments structurés et institutionnalisés dont l’usage principal, bien qu’il ne saute pas forcément immédiatement aux yeux, est d’assurer la pérennité de la société en question, sa cohésion ainsi que sa protection face aux influences extérieures. Ces structures sont généralement mises à l’abri de la critique par un système de tabous, c’est-à-dire une censure interne que les membres du groupe ont inconsciemment intériorisée et qui fait que l’on s’interdit de remettre en cause ces symboles, car si on le fait, on contribue à mettre en péril l’édifice sociétal. Dans les sociétés européennes traditionnelles, c’était par exemple l’armée, l’Eglise, la police, la famille, le mariage, les traditions culturelles enracinées, le roman national, qui permettaient cette cohésion, et dont la critique était souvent difficile. Songeons qu’il y a quelques dizaines d’années, des artistes comme Georges Brassens ou Boris Vian avaient eu des ennuis pour des chansons raillant la police ou prônant la désertion, qu’avoir un enfant hors mariage était synonyme d’opprobre, qu’on pouvait interdire un journal (en l’occurrence l’hebdo Hara-Kiri) qui s’était moqué de la mort du général de Gaulle, ou qu’on faisait apprendre aux écoliers français une version idyllique de l’Histoire de France.


Une inversion des valeurs qui fragilise et transforme la société  Lire la suite »

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L’autonomie est-elle l’avenir de notre société?

Le capitalisme d’aujourd’hui semble s’être laissé piéger par sa complexité et son obsession du profit. Et nous, citoyens-consommateurs, courons chaque jour derrière la consommation, l’épargne, le travail, la sécu, la retraite… Est-ce vraiment la bonne réponse à notre quête personnelle de sens et de bien-être? Une solution est en marche qui pourrait résoudre une partie de nos difficultés: l’autonomie.

             (Préparer l’autonomie de son domicile)

Chaque homme doit inventer son chemin… mais est-ce véritablement le cas dans nos sociétés modernes? Perdu dans ses finances incontrôlables, ses productions mondialisées et ses entreprises où l’humain et la nature ne pèsent pas bien lourds, le capitalisme d’aujourd’hui semble s’être laissé piéger par sa complexité et son obsession du profit. Et nous, citoyens-consommateurs, courons chaque jour derrière la consommation, l’épargne, le travail, la sécu, la retraite… Est-ce vraiment la bonne réponse à notre quête personnelle de sens et de bien-être? Est-ce la bonne voie pour pérenniser notre économie et réinventer l’imaginaire de notre avenir collectif?

Une solution est en marche qui pourrait résoudre une partie de nos difficultés: l’autonomie. Du grec autos et nomos, l’autonomie est la faculté d’agir par soi-même en se donnant ses propres règles de conduite. C’est par exemple l’histoire du philosophe humaniste Pierre Rabhi qui décide au début des années 60 de s’extraire de la vie urbaine pour s’installer en Ardèche où il devient agriculteur auto-suffisant tout en adoptant une simplicité volontaire -le fameux « retour à la terre » dont les joies et les affres ont été immortalisés avec humour par les BD de Larcenet et Ferri.

Le royaume des « créateurs-fabricants  »

C’est aussi le royaume du do-it-yourself, ce mouvement d’individus qui cherchent à tout fabriquer par eux-mêmes. Ainsi pour fédérer ce type de communauté d’inventeurs-bricoleurs en pleine expansion aux Etats-Unis, Dale Dougherty a créé le magazine à succès Make magazine et les foires Maker Faire tout en proclamant « We are all makers! » (nous sommes tous des créateurs-fabricants).

Enfin, c’est aussi un autre mouvement, celui qui consiste -grâce à des solutions techniques adaptées- à se débrancher de l’ensemble des lignes et canalisations centralisées (électricité, gaz, eau, égouts). Ce mouvement Off the grid1 et ce choix de vie assumé, concernerait par exemple déjà 750 000 foyers américains, pas tout à fait une goutte d’eau… Lire la suite »

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La police politique du président

« La DCRI est l’outil de renseignement le plus puissant que la France ait jamais connu, à des fins politiques… » (Christophe Labbé, co-auteur du livre « L’espion du président » avec Olivia Recasens et Didier Hassoux)

Une cellule presse spécialement chargée des basses besognes : « Ces 15 policiers sont chargés de toutes les opérations illicites. C’est-à-dire de pénétrer dans les appartements pour les sonoriser, ou dans les bureaux ; de récupérer pour aller les siphonner, ce qu’on appelle récupérer le contenu des ordinateurs de manière indolore… » (Christophe Labbé)

Au terme d’une enquête de plus d’un an, les auteurs du livre accusent la DCRI Lire la suite »

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