Archives de la catégorie Economie

« Un monde s’écroule sous nos yeux »

Dans ce grand entretien, Frédéric Lordon nous livre ses commentaires et analyses de la crise économique actuelle et de ses origines. Avec un ton incisif et un regard acerbe, il revient sur les causes et effets de la crise elle-même, mais commente également le traitement de l’économie par les médias, la place de l’économie au sein de l’institution universitaire, et l’éventuelle sortie de l’euro. Sonnant le glas du projet néolibéral, l’actualité est, nous dit-il, une occasion unique de changements profonds : un monde s’écroule sous nos yeux.

RdL : Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui est en train d’arriver sous nos yeux, depuis au moins une trentaine d’années, depuis 2008, depuis quelques mois, ces dernières semaines ?

Frédéric Lordon : C’est une leçon de choses historiques. Ouvrons bien les yeux, on n’a pas souvent l’occasion d’en voir de pareilles. Nous assistons à l’écroulement d’un monde et ça va faire du gravât. L’histoire économique, en tout cas celle qui a fait le choix de ne pas être totalement bornée – je veux parler d’auteurs comme Kindleberger, Minsky ou Galbraith – a depuis longtemps médité l’effrayant pouvoir de destruction de la finance libéralisée. Il fallait de puissants intérêts – très évidemment constitués – à la cécité historique pour remettre sur les rails ce train de la finance qui a déjà causé tant de désastres ; en France, comme on sait, c’est la gauche de gouvernement qui s’en est chargée.

De sorte que, à la lumière de ces leçons de l’histoire, on pouvait dès le premier moment de la dérégulation financière annoncer la perspective d’une immense catastrophe, et ce sans pourtant savoir ni où, ni quand, ni comment exactement elle allait se produire. La catastrophe en question aura pris vingt ans pour survenir, mais voilà, nous y sommes.

Notons tout de même qu’un scénario que certains avaient envisagé d’assez longue date considérait l’hypothèse de la succession de crises financières sérieuses, rattrapées mais, aucune des contradictions fondamentales de la finance de marché n’étant résolues, enchaînées selon un ordre de gravité croissante, jusqu’à la big one.

Sous ce rapport, la première crise de la série n’aura pas pris un an pour se manifester puisque le grand krach boursier se produit en 1987… après le big bang de 1986. Puis elles se sont succédé à intervalle moyen de trois ans. Et nous voilà en 2007. 2007, n’est-ce pas, et pas 2010. Car le discours libéral n’a rien de plus pressé que de nous faire avaler l’idée d’une crise des dettes publiques tout à fait autonome, européenne dans son principe, et imputable à une fatalité d’essence de l’État impécunieux. Lire la suite »

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Documentaire : La consommation à outrance…je consomme donc je suis.

Dans la société de consommation moderne le neuf et le beau ne suffisent plus: il faut posséder (parfois en plusieurs exemplaires) les produits dernier cri les plus performants. Les achats ne sont plus destinés à répondre à des besoins fondamentaux mais à satisfaire nos désirs à être enviés à épater. Conséquence: le bonheur que procure l’acquisition d’un nouvel objet est toujours plus éphémère; nous sommes en proie à un sentiment d’insatisfaction permanente. De plus, la durée de vie des produits ne cesse de diminuer, conduisant à l’épuisement des ressources et à l’accumulation des déchets. Derrière l’attitude de ces acheteurs boulimiques se profile un véritable scénario catastrophe. Est-il trop tard pour arrêter la machine que nous avons lancée? Sociologues, psychologues, philosophes, spécialistes du marketing et de la publicité reviennent sur les limites du consumérisme et notre recherche effrénée du bonheur. Un documentaire sans concession sur les limites du capitalisme et du rêve américain.

Les 2 autres parties du documentaire ici : Lire la suite »

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Face au chômage… des plans d’austérité : la solution des technocrates

Conséquences des politiques d’austérité : le chômage ne cesse de progresser dans la zone euro, ce qui fragilise d’autant plus la moindre perspective de croissance. Plan d’austérité, dégradation des notes de la dette des Etats par les agences de notation, la mécanique suicidaire des architectes de la mondialisation sans repères moraux, produit les conséquences attendues. Officiellement, le chômage concerne désormais plus de 10 % de la population active de l’union monétaire. Selon les statistiques officielles, plus de 16 millions de personnes sont désormais sans emploi en zone euro, c’est-à-dire l’équivalent de l’ensemble de la population des Pays-Bas. C’est un record depuis juin 1998, date de l’introduction de l’euro. Depuis cette époque, l’écart entre les pays de la zone nord et ceux appartenant à la zone sud n’a cessé de se creuser. Aujourd’hui, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, subissent de plein fouet les conséquences d’une monnaie unique et d’une politique monétaire commune.

Avant-hier, dans l’émission C dans l’air, l’économiste de l’école Fabienne Christian de Saint-Étienne, a très bien exprimé ce que nous écrivons dans le cadre de la lettre confidentielle depuis plusieurs mois. À savoir que la Grèce est un « laboratoire » où les plans d’austérité se succèdent afin de tester la résistance de la population. Des eurocrates continuent à frapper le peuple grec tandis que les plus grosses fortunes grecques sont déjà en Suisse. Nous arrivons incontestablement à une situation de non-retour. Il ne faut donc pas abuser du bâton, recommande Christian de Saint-Étienne. On ignore ce que l’avenir réserve à la France, et les événements grecs pourraient fort bien se répéter chez nous. Intéressant comme propos, de la part d’un économiste du « Système ».

Il y a beaucoup de malheurs chez nos voisins, et les économistes sont de plus en plus nombreux à pronostiquer que la chute de l’activité en 2012 pénalisera tout le monde. Hier, les plans d’austérité étaient chaudement recommandés pour réduire les déficits budgétaires. Aujourd’hui, comme en témoigne le sommet européen du 30 janvier, les dirigeants politiques de la zone euro évoquent la nécessité de soutenir l’activité. Mais, autant le dire tout de suite, la marge de manoeuvre est très faible car l’ombre des marchés financiers (les fameuses agences de notation) est plus que jamais là. Depuis quelques jours, ces agences de notation dégradent à tout-va banques et États, dans l’indifférence apparente puisque les indices boursiers remontent… grâce aux injections. Remarquez pour certaines valeurs (surtout bancaires) qu’à chaque fois que l’on approche des points pivots donnés par Trader Noé, un petit coup de rein est donné pour éviter de les franchir ! Comme quoi, le scénario est bien huilé et ils savent parfaitement ce qu’ils font. Cela dit, on sait tous ici qu’un jour (re)viendra où les dégradations successives des agences de notation pour les banques, valeurs industrielles et Etats, expliqueront le prochain plongeon. A ce moment, il y aura inéluctablement une forte hausse des coûts de financement de toutes les « structures » dégradées. L’impression dominante est tout simplement que les dirigeants politiques comme les experts choisis pour être leurs conseillers, n’ont pas la moindre solution. Cela durera tant que l’on assistera à une soumission des politiciens au monde financier et à un refus de se soumettre au Système.

Quel que soit le candidat prochainement élu, il ne sera que le sous-fifre de cette finance apatride nauséabonde, dont l’objectif a été clairement exprimé depuis de nombreuses décennies : « Le verrou qui doit sauter c’est la nation ». ll semble bien que nous vivons l’époque de la fin du temps des nations… (lettre information économique)

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« Sortir de l’euro serait un moindre mal », paroles de Prix Nobel

Joseph Stiglitz et Paul Krugman, tous deux Prix Nobel, défendent l’idée qu’une sortie de l’euro pour nombre de pays de l’Union. Mais, regrette Laurent Pinsolle, l’actualité de ces thèses est encore largement ignorée dans les médias.

Lentement, mais sûrement, la sortie de l’euro gagne le soutien d’un nombre grandissant d’économistes, notamment Joseph Stiglitz et Paul Krugman. Pourtant, d’un point de vue médiatique, le débat reste tout aussi caricatural comme l’a montré l’émission de M6 hier soir.

Les critiques de Joseph Stiglitz

Joseph Stiglitz critique les politiques menées dans la zone euro depuis deux ans, avertissant dès mai 2010, que « l’austérité mène au désastre ». Mais s’il soulignait que les pays en difficulté auraient besoin de dévaluer, il ne passait pas le Rubicon. Dès octobre 2010, il avait souligné que « la différence des politiques convenant aux pays enregistrant des excédents commerciaux élevés et ceux qui sont déficitaires implique que la monnaie unique subit des tensions intenses ». Dès janvier 2011, il évoquait une sortie de la Grèce et de l’Espagne pour retrouver leur compétitivité. Mais le « prix Nobel » d’économie 2001 a franchi un nouveau pas lors d’un forum en Asie en début d’année. Il a comparé les politiques suivies à « la pratique de la saignée dans la médecine médiévale ». Mieux, il a fait un parallèle avec le destin de l’étalon-or après la crise de 1929 en affirmant que « ce sont les premiers pays à l’avoir quitté qui s’en sont sorti le mieux ».

Le revirement de Paul Krugman

Paul Krugman, l’autre « prix Nobel » d’économie progressiste, a lui aussi toujours été très critique à l’égard des politiques suivies en Europe. Dès la fin 2010, il soulignait que l’Islande se sortait mieux de la crise que l’Irlande du fait qu’elle a pu fortement dévaluer sa monnaie, ce qui est impossible dans la zone euro. La situation début 2012 confirme cela. L’an dernier, il soulignait également que l’euro renchérissait le taux des emprunts de l’Espagne par rapport à la Grande-Bretagne.Mais, fin octobre, il est allé encore plus loin en affirmant que « l’élite européenne, de toute son arrogance, a bloqué le continent en un système monétaire qui a recréé la rigidité du modèle d’excellence, et (…) celui-ci s’est transformé en piège mortel ». Mieux, il a affirmé que « l’Europe se porterait sans doute mieux s’il (l’euro) s’écroulait plutôt aujourd’hui que demain ». Fin janvier, il a déclaré dans le Mond e, que « tout semble inextricable », détaillant les vices de forme de la zone euro.

La bataille des idées est gagnée

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Sarkozy a dilapidé l’or de la France

Classement des réserves d’or par pays

En 2004, Nicolas Sarkozy alors ministre des Finances demande à la Banque de France de « gérer plus activement ses réserves de change ». La France a vendu 600 tonnes d’or pour acheter des devises en Dollars et en Yens. » Était-ce une bonne affaire ? Où est passé le produit de la vente ? Une mauvaise opération.

La Banque de France (BDF) a décidément des progrès à faire. Après avoir essuyé un « constat sévère » de la Cour des comptes en 2005, l’institution a une nouvelle fois été passée au scanner par les Sages de la rue de Cambon. Dans leur rapport annuel 2012, ceux-ci reconnaissent des progrès, mais s’inquiètent toujours d’un réseau territorial trop étendu et recommandent une rationalisation accrue des activités. La Cour dénonce notamment une baisse des effectifs – rendue incontournable après l’entrée de la banque dans l’Eurosystème – en trompe-l’œil : selon les Sages, le mouvement s’est accompagné d’un recours accru à des prestataires externes, soit l’équivalent de 699 postes équivalents temps plein.

Au-delà de ses griefs, la Cour des comptes s’intéresse à un épisode méconnu qui a coûté cher à la puissance publique. Nous sommes en 2004, Nicolas Sarkozy dirige le ministère de l’Économie. Déjà à l’époque, les budgets sont difficiles à boucler et le futur président de la République cherche activement à limiter le déficit public… Le 19 novembre 2004, il annonce dans un communiqué s’être mis d’accord avec le gouverneur de la Banque de France pour une « gestion plus active des réserves de change de l’État ». Il s’agit en fait d’en finir avec la gestion de bon père de famille des réserves de change, grâce à la vente de 500 à 600 tonnes d’or sur les 3 000 tonnes détenues alors par la Banque de France. Le métal jaune, qui ne rapporte pas d’intérêts, doit être remplacé par un portefeuille en devises censé améliorer les rendements. L’État table sur un revenu supérieur à 200 millions d’euros par an. Moins lucide que ses partenaires…

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Classement des réserves d’or par pays

Ce tableau nous indique le montant d’or que possèdent au mois d’août 2011 les principales puissances dans le monde. Parmi ces pays, beaucoup  possèdent un fonds souverain.

Les États-Unis arrivent en premier avec plus de 8 000 tonnes de stock d’or, loin derrière nous avons l’Allemagne avec « seulement » 3 400 tonnes. Puis le FMI, l’Italie et la France.

Nous pouvons remarquer que la Russie, le Kazakhstan et la Corée du Sud ont augmenté leurs réserves d’or depuis le mois de mai 2011.

Le métal précieux  valait 1.720 USD le 6 février 2012.

Ce classement permet de constater que les pays avec les plus grandes réserves d’or ne sont pas forcément ceux qui ont un fonds d’état important. La preuve avec l’Arabie Saoudite qui se situe à la seizième place du classement des pays par réserves d’or tandis que son fonds souverain est le deuxième le plus important au monde.

On peut aussi remarquer que le fonds d’état des États-Unis, l’Alaska Permanent Reserve Fund, n’arrive seulement qu’à la 18ème place du Classement des Fonds Souverains, alors que ce pays a le plus gros stock d’or au monde. Tout comme le fonds singapourien qui est l’un des plus important, mais dont le stock d’or est peu conséquent.

Définitions : Fonds Souverains     Et   Réserves de change

  Pays Tonnes   Pays Tonnes
1 Etats-Unis 8 133,5 20 Autriche 280,0 
2 Allemagne 3 401,0 21 Belgique 227,5
3 FMI 2 814,0 22 Algérie 173,6
4 Italie 2 451,8 23 Philippines 153,8
5 France 2 435,4 24 Libye 143,8
6 Chine 1 054,1 25 Singapour 127,4
7 Suisse 1 040,1 26 Suède 125,7
8 Russie 836,7 27 Afrique du Sud 125,0
9 Japon 765,2 35 Australie 79,9
10 Pays-Bas 612,5 36 Koweït 79,0
11 Inde 557,7 39 Kazakhstan 70,4
12 BCE 502,1 45 Corée du Sud 39,4
13 Taïwan 423,6 48 Malaisie 36,4
14 Portugal 382,5 50 Pérou 34,7
15 Venezuela 365,8 51 Brésil 33,6
16 Arabie Saoudite 322,9 56 Maroc 22,0
17 Royaume-Uni 310,3 64 Qatar 12,4
18 Liban 286,8 78 Canada 3,4
19 Espagne 281,6 106 Chili 0,2

Source : World Gold Council, Aout 2011

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Francois Hollande et son inquiétante vision de la dette publique

En savoir plus sur François Hollande et le « monde des affaires » : cliquez ici

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Un journaliste expose l’arnaque de la BCE

A l’occasion d’une conférence de presse, Vincent Brown, journaliste irlandais, a demandé à Klaus Masuch de la BCE pourquoi le peuple irlandais doit payer les milliards d’euros de dettes d’une banque défunte (même pas garanties par l’Etat Irlandais) mais juste pour sauver les autres banques européennes, et cela « sous la menace de la BCE »… Masuch tentent de faire diversion avec un discours d’énarques :
http://www.dailymotion.com/video/xnz79t_journaliste-contre-bce-vostfr_news#from=embed

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Le travail gratuit, stade ultime du capitalisme

travail gratuit main qui recoitTravail gratuit : le nouveau rêve de tout libéral (ou capitaliste, ça revient au même dans les faits malgré les dénégations des zozos en question) : déconnecter le travail de la rémunération et du capital. Précarité en hausse, stages qui s’enchainent dans l’espoir de trouver un travail rémunéré au prix “normal.“

A se demander si on ne voit pas naître une nouvelle classe sociale le précariat, à coté du salariat . Et si cette situation ne profite pas involontairement ou volontairement à certains salariés qui exploitent ainsi leur semblables pour éviter de tomber sous des sanctions ou de ne plus progresser dans leur carrière (en gros: font de la lèche et exploitent les stagiaires ni vu ni connu). Ce qui devait faire penser aux marxistes que la classe ouvrière ou le prolétariat (qui inclue pour eux les cadres) peuvent très bien se cannibaliser et toujours dans un même sens : les plus faibles en premier.

Ce phénomène insidieux associé à l’apparition d’une nouvelle aristocratie aboutira si rien n’est fait à une ploutocratie où les salariés mettront leur force de travail en vente dans des marchés aux enchères… Vous allez voir que cela existe déjà !

France : Stages et RSA

Nous avons eu le STO 2.0 pour le RSA présenté par la droite sociale influencée par la droite populaire, qui elle même copie les droites “à droite” de l’union européenne dans un mouvement anti-assistanat qui est en fait chargé de transformer le travailleur ou chômeur pauvre en bouc émissaire. Comme le fait d’ailleurs le troll Mistral depuis qu’il un blog à son effigie.

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François Hollande et le monde des affaires

hollande moscovici 2012En choisissant comme directeur de campagne le vice-président du Cercle de l’Industrie – lobby réunissant les PDG des principaux groupes industriels français – le candidat de la gauche de droite aux prochaines élections présidentielles a envoyé un signal, on ne peut plus clair, aux marchés financiers : l’alternance ne constituera pas une menace, bien au contraire, pour les classes possédantes.

Après José Sócrates, José Luis Zapatero, George Papandréou et Elio Di Rupo, François Hollande sera-t-il le prochain dirigeant socialiste à prétexter la « crise des dettes publiques » pour imposer aux travailleurs l’austérité et la régression sociale ?

Au vu du pédigrée de ses responsables de campagne, il y a tout lieu de le craindre : c’est que les principaux conseillers dudit candidat se signalent par leur proximité avec le monde des affaires et leur volonté de rassurer l’Europe des marchés.

A moins de quatre mois des élections, un passage en revue des troupes s’imposait.

Pierre Moscovici (directeur de campagne)

Ex-ministre en charge des Affaires européennes dans le gouvernement de Lionel Jospin, Pierre Moscovici est vice-président du Cercle de l’Industrie.

Ce lobby, représentant les intérêts des trusts français à l’échelle européenne, a été créé en 1993 par Raymond Lévy, alors président de Renault, et Dominique Strauss-Kahn, qui venait tout juste de quitter le ministère de l’Industrie et du Commerce extérieur.

Partenaire du MEDEF, de l’Institut de l’Entreprise et de la Table ronde des Industriels européens, le Cercle de l’Industrie s’est doté du conseil d’administration bipartisan suivant :  Lire la suite »

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757 groupes internationaux contrôlent 80% des multinationales

OLIGARCHIE BAQUIERS PEUPLE BILLETSUne étude publiée en Suisse montre que l’ensemble des multinationales de la planète est contrôlé par seulement 737 multinationales et groupes financiers, et donc par leurs actionnaires qui sont eux aussi souvent les mêmes. Avec la crise économique, cette info est complètement passée à la trappe.

Cette étude est inédite car elle croise plusieurs domaines : économie, statistiques, finances, mathématiques, et passe au crible l’ensemble des multinationales pour comprendre qui contrôle qui.

Réalisée par trois chercheurs de l’Institut Fédéral de Technologie de Zurich, l’étude « The network of global corporate control », a étudié 43.060 multinationales[1] dans 116 pays et leurs interconnexions. Mêmes les filiales ont été analysées.

Au final, les chercheurs ont constaté que 80% de la valeur de ces 43.060 multinationales est contrôlé par seulement 737 groupes financiers ou industriels. Et encore plus loin, 147 multinationales et intermédiaires financiers qui ont des intérêts les uns dans les autres, contrôlent 40% de la valeur économique des groupes du monde entier.

Encore plus loin, 50 groupes financiers (banques et assurances) se taillent la part du lion dans ces 147 multinationales. Ils constatent aussi que les acteurs les plus puissants ont niveau de contrôle supérieur à ce que laisserait attendre leur fortune réelle.

Il y a donc une sorte de cœur de compagnies très fortement interconnectées en comparaison du nombre total de multinationales. Chacune des multinationales de ce noyau est connectée avec en moyenne 20 autres membres dudit noyau, si bien que ¾ de la valeur de ces boites sont détenus par les autres multinationales de ce groupe central.    Lire la suite »

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Spéculation sur les matières premières, le début de la faim

Depuis déjà quelques années, certains spéculateurs s’intéressent à un marché capital pour le reste du monde. Le problème étant que, ceci impacte des milliards d’individus.

Nous allons démontrer ici, pourquoi la spéculation sur les matières premières est nuisible à l’Humanité. Quand la nourriture de base coûte de plus en plus sur les marchés, mais que les investisseurs financiers jouent avec, le crash alimentaire laisse planer son ombre sur la planète.

L’année 2008 a vu des émeutes de la faim éclater, notamment en Afrique et en Haïti, suite à une augmentation sans précédent des matières premières agricoles. Nous allons nous pencher sur l’évolution des échanges dans un passé proche. L’évolution des échanges sur les matières premières en 6 ans a beaucoup évolué. Il convient de rappeler en préambule, que les matières premières ne sont cotées que dans certaines bourses.

De fin 2006 à début 2012, en chiffre :

Pétrole et gaz naturel :

Le pétrole subit une hausse de + 77% du 1er janvier 2006 à nos jours. Celui-ci est malheureusement nécessaire dans le procédé de fabrication ou/et de transport de toutes les matières premières référencées ci-dessous. Son prix a donc une importance capitale quant aux autres marchés.

Le gaz naturel a clairement baissé depuis 2006, mais celui-ci était fin 2005 plus haut que son pic de 2008 (néanmoins, il convient de noter que le gaz a moins augmenté que le pétrole)

Comparé à son prix d’il y a 10 ans, le gaz a augmenté de + 50% ; Ce qui est loin d’être le cas du baril de Brent qui lui a vu sa valeur quintupler avec +530% sur le même lapse de temp.

Production agricole : Lire la suite »

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Pourquoi avait-on voté en 1973 cette loi imposant à l’Etat de passer par les banques privées ou les marchés pour financer sa dette?

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Par cette loi, il devenait interdit au Trésor français de s’adresser directement à la banque centrale.

Comment sommes-nous passés, d’une société où, malgré toutes les imperfections humaines et sociales, l’économie travaillait pour l’homme, à une société où l’homme travaille pour l’économie et l’économie pour la finance ?

Au centre de ce changement de nature, il y a, en France, la loi du 3 janvier 1973. Cette loi à peu près inconnue du grand public a en effet bouleversé l’organisation de la finance, et ses rapports avec l’État, garant de l’intérêt général. En effet, cette loi, directement inspirée du système américain de la FED (réserve fédérale américaine), interdit à la Banque centrale de faire des avances au Trésor. Dit autrement, de prêter directement à l’État de l’argent à taux zéro ou à un taux équivalent à celui qui prévaut lorsque la Banque centrale prête de l’argent aux banques.

Dès lors, en vertu de cette loi, l’État est obligé de passer par le système des banques privées pour financer son endettement. Cette loi constitue en elle-même un véritable défi à la souveraineté étatique, puisqu’elle interdit au Souverain – l’État démocratique étant l’aboutissement politique et juridique du Peuple souverain – de se donner l’argent dont il est pourtant le seul garant et seul émetteur de monnaie de base. Et elle l’oblige, pour emprunter, à passer par des tiers privés (les banques) qui lui prêtent l’argent dont il est cependant le fournisseur en dernier ressort ! Une situation déjà ubuesque en elle-même, mais qui s’est encore aggravée depuis, puisque, en volant au secours des institutions financières lors de la crise de 2008, l’État est également devenu le fournisseur en premier ressort de ces mêmes institutions qui aujourd’hui lui reprochent son endettement, et lui appliquent en conséquence des taux usuraires…

Comment en est-on arrivé là ? Le cas français. Lire la suite »

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Frédéric Lordon : « Leur dette, notre démocratie »

Élève de l’École Nationale des Ponts et Chaussées (promotion 1985) et de l’Institut supérieur des affaires (promotion 1987).

Sa thèse de doctorat, soutenue en 1993 à l’EHESS, avait pour titre : Irrégularités des trajectoires de croissances, évolutions et dynamique non-linéaire. Pour une schématisation de l’endométabolisme.

Ses travaux comportent notamment un programme de recherche spinoziste en sciences sociales et ses récentes propositions concernant la crise financière avec son ouvrage Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières ont été accueillies avec intérêt.

Épistémologiquement, son positionnement dans le champ des sciences économiques est clairement hétérodoxe. Il partage les thèses de l’école régulationniste et particulièrement celles qui considèrent le caractère ontologique des luttes au sein des faits sociaux. Il fait sienne la formule de Michel Foucault lorsqu’il considère que « la politique est la guerre continuée par d’autres moyens », paraphrase retournée de la formule de Clausewitz : « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ».

Il mobilise et réinterprète le conatus spinozien et, ce faisant, se dégage de l’emprise du structuralisme althusserien pour réintroduire la dimension de l’action des individus-sujets au cœur des rapports sociaux, au cœur des sociétés.

Il participe au Manifeste des économistes atterrés.

Retrouvez la transcription ci-dessous : Lire la suite »

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