L’autonomie est-elle l’avenir de notre société?

Le capitalisme d’aujourd’hui semble s’être laissé piéger par sa complexité et son obsession du profit. Et nous, citoyens-consommateurs, courons chaque jour derrière la consommation, l’épargne, le travail, la sécu, la retraite… Est-ce vraiment la bonne réponse à notre quête personnelle de sens et de bien-être? Une solution est en marche qui pourrait résoudre une partie de nos difficultés: l’autonomie.

             (Préparer l’autonomie de son domicile)

Chaque homme doit inventer son chemin… mais est-ce véritablement le cas dans nos sociétés modernes? Perdu dans ses finances incontrôlables, ses productions mondialisées et ses entreprises où l’humain et la nature ne pèsent pas bien lourds, le capitalisme d’aujourd’hui semble s’être laissé piéger par sa complexité et son obsession du profit. Et nous, citoyens-consommateurs, courons chaque jour derrière la consommation, l’épargne, le travail, la sécu, la retraite… Est-ce vraiment la bonne réponse à notre quête personnelle de sens et de bien-être? Est-ce la bonne voie pour pérenniser notre économie et réinventer l’imaginaire de notre avenir collectif?

Une solution est en marche qui pourrait résoudre une partie de nos difficultés: l’autonomie. Du grec autos et nomos, l’autonomie est la faculté d’agir par soi-même en se donnant ses propres règles de conduite. C’est par exemple l’histoire du philosophe humaniste Pierre Rabhi qui décide au début des années 60 de s’extraire de la vie urbaine pour s’installer en Ardèche où il devient agriculteur auto-suffisant tout en adoptant une simplicité volontaire -le fameux « retour à la terre » dont les joies et les affres ont été immortalisés avec humour par les BD de Larcenet et Ferri.

Le royaume des « créateurs-fabricants  »

C’est aussi le royaume du do-it-yourself, ce mouvement d’individus qui cherchent à tout fabriquer par eux-mêmes. Ainsi pour fédérer ce type de communauté d’inventeurs-bricoleurs en pleine expansion aux Etats-Unis, Dale Dougherty a créé le magazine à succès Make magazine et les foires Maker Faire tout en proclamant « We are all makers! » (nous sommes tous des créateurs-fabricants).

Enfin, c’est aussi un autre mouvement, celui qui consiste -grâce à des solutions techniques adaptées- à se débrancher de l’ensemble des lignes et canalisations centralisées (électricité, gaz, eau, égouts). Ce mouvement Off the grid1 et ce choix de vie assumé, concernerait par exemple déjà 750 000 foyers américains, pas tout à fait une goutte d’eau…

Car imaginons… que nos maisons soient autonomes en énergie, eau et déchets, voir l’expérience pilote accessible à tous Heol près de Nantes avec des consommations divisées par quatre (à noter que même IBM travaille sur des projets d’auto-alimentation énergétique par la chaleur dégagée par nos ordinateurs, le mouvement de l’eau dans nos canalisations, la marche, le jogging…); imaginons que nos villes soient aussi un grand terrain de jeu de l’autonomie avec les jardins partagés, les composts, les toits végétalisés, les poules, potagers et ruches sur les balcons-terrasses, les panneaux solaires, les mini-éoliennes…; imaginons que notre alimentation provienne principalement de nos jardins (potagers, vergers, ruches, poules…), de cueillette ou de circuits courts comme les AMAP (distribution directe de fruits et légumes de l’agriculteur vers le consommateur à travers une association); imaginons qu’une grande partie des objets et des services dont nous avons besoin provienne du troc, d’une fabrication maison, de réseaux d’échanges de savoirs, d’accorderies (voir la nouvelle expérience soutenue par la Mairie de Paris dans le 19e arrondissement); imaginons que nous devenions acteurs de notre santé au travers de méthodes préventives (style de vie, plantes, médecines naturelles…); et imaginons enfin que notre épargne finance en toute transparence des projets durables de proximité.

Plus d’indépendance pour un meilleur contrôle des budgets

Grâce à ces changements d’habitudes qui nous concernent tous, grâce à ces individus qui se débranchent en partie du « système  », imaginons nos sociétés occidentales consommant moins de pétrole, moins d’électricité, moins de finance internationale, moins de médecines technologiques, moins d’objets, et générant moins de déchets, moins de gaspillages…

N’est-ce pas la voie pour que chaque économie trouve une plus grande indépendance et donc un meilleur contrôle sur ses budgets et son destin? Pour que les tensions et conflits géo-politiques mondiaux (Irak, Iran, Afghanistan…) autour des ressources naturelles et énergétiques puissent être évitées? Pour que la préservation des éco-systèmes puisse enfin devenir une priorité? Pour que la lutte contre la pauvreté puisse trouver de nouvelles solutions? « Demandez-vous non pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays » proclamait J.F Kennedy.

Vers « l’autonomie heureuse  »

Alors qu’est-ce qu’on attend -comme dans certains cantons Suisse où toute nouvelle construction a dorénavant obligation de produire sa propre chaleur- pour faire évoluer notre réglementation vers une plus grande autonomie des citoyens? Qu’est-ce qu’on attend pour assumer notre propre responsabilité individuelle vis-à-vis de notre bien commun en faisant ce pas en avant vers « l’autonomie heureuse  »?

Et en plus ce n’est que du bonheur! Car même si, en tant qu’individu, s’arracher du conditionnement collectif – l’homme restant un incorrigible animal social -et de l’inertie ambiante, et prendre un meilleur contrôle sur sa vie n’est pas une mince affaire, elle est source d’une réelle satisfaction personnelle. Les américains nomment cela l’empowerment, littéralement « se mettre en pouvoir de  ». Dans la langue de Molière nommons-là l’autonomisation.

« L’homme n’était pas destiné à faire partie d’un troupeau comme un animal domestique, mais d’une ruche comme les abeilles » nous disait Kant, alors prenons exemple sur nos amies les abeilles! Et, facilité par la montée en puissance d’une société de l’être plutôt que de l’avoir, et par une économie de l’immatériel (réseaux en partage, connaissances, bien-être…) prenant le relai de notre bonne vieille économie industrielle, créons des sociétés réellement plus autonomes.

Et misons sur les personnes qui, en agissant, deviennent maîtres de leurs destins, comme les nouvelles forces de nos communautés… Bon, bien sûr « Le chemin le plus court d’un point à un autre c’est de ne pas y aller! » comme dirait le chat de Geluck, mais avons-nous vraiment encore le choix?

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