Des promos à gogo pour masquer les hausses de prix.

Peut-être l’avez-vous remarqué en faisant vos courses : depuis le début de l’année, la machine à promotions tourne à plein régime au rayon alimentaire des grandes surfaces. Un bel écran de fumée pour cacher le retour des hausses de prix, à deux chiffres pour certains produits.

Depuis des mois, les acteurs de la grande distribution et les pouvoirs publics nous préparent à une augmentation «inévitable» des prix alimentaires. Engagée à l’automne, la mise en condition psychologique a duré jusqu’en mars, quand se sont soldées les négociations annuelles entre industriels et commerçants. Les cours du blé, du café ou du cacao atteignant des sommets, on allait voir ce qu’on allait voir.

Dans les magasins, le chaland moyen ne semble pourtant guère traumatisé. Comme on lui avait annoncé le pire, il semble presque rassuré. D’autant que, ces derniers mois, la machine à promotions tourne à plein régime. Ce n’est pas un hasard : ces promos sont l’arme d’une gigantesque opération d’enfumage pour masquer les hausses et prévenir le retour d’un scénario catastrophe, celui d’une baisse globale des achats pour compenser l’inflation. C’est ce qui s’était produit en 2008 et, pour rien au monde, les responsables des grandes surfaces ne voudraient revivre un tel cauchemar.

Après le beau temps des promos, la pluie des hausses

Dans son numéro de juin, 60 donne un avant-goût de ce qui nous attend lorsque les vagues promotionnelles auront reflué. Pour réaliser notre enquête, nous avons constitué un panier d’une centaine de produits de grandes marques, stars des principaux rayons alimentaires. Et nous avons comparé leurs prix dans une quarantaine de magasins, hors promotions, entre novembre 2010 et fin avril 2011.

Le résultat est éloquent : en six mois, plus de la moitié des produits enregistrent une hausse de 3% ou plus. Au rayon du petit-déjeuner, l’un des plus exposés, le café Carte noire a pris 8% et la confiture d’abricots Bonne Maman, 13%. Au rayon frais, le beurre Président a gagné 6%. Du côté des boissons, les canettes de Coca-Cola coûtent 5% de plus… Encore les relevés datent-ils de fin avril, alors que toutes les augmentations décidées n’avaient pas été répercutées. De nouvelles hausses sont à prévoir dans les semaines à venir.

Petites mesquineries pour casser les repères

Pour faire passer la pilule, fabricants et distributeurs renouent avec certaines pratiques peu glorieuses d’inflation masquée : le prix unitaire n’augmente pas, ou augmente peu, mais le poids diminue. C’est ainsi que, dans certains magasins, les boîtes de 20 bâtonnets de poisson pané Croustibat ont opportunément été remplacées par des boîtes de 18. Pour sa part, Ricoré annonce un «nouveau format» : la boîte de 250 g passe à 260 g. Une lectrice de Rennes a fait le calcul : dans son hypermarché Géant, 1,43 € de plus pour 10 grammes supplémentaires, cela revient quand même à augmenter de 30% le prix au kilo !

On nous rétorquera sans doute que ces hausses ne pèsent pas si lourd face à d’autres, comme celles de l’énergie ou du logement. Soit. Mais face à l’augmentation difficilement compressible des dépenses de loyer, de carburant, de chauffage ou de santé, sur quoi le consommateur peut-il jouer pour tenter de boucler ses fins de mois ? Il lui reste les dépenses de consommation courante. Après cela, étonnez-vous qu’il soit sensible à l’augmentation du prix de la viande ou du café…

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