La crise financière vue par les Guignols

, , ,

Poster un commentaire

Kadhafi aurait financé Sarkozy pour sa campagne de 2007

Dans un article complet, mais payant, Médiapart apporte des éléments troublants à partir de copies de documents qui tendraient à prouver que Kadhafi aurait financé pour 50 millions d’euros la campagne de 2007 de Sarkozy avec l’implication de Guéant, Hortefeux et Takieddine. Trois anciens ou actuels ministres de l’Intérieur ! Voici quelques éléments, les documents étant sur Médiapart.

RAma yade kadhafi

Voici le texte de la page en libre accès suivi de l’introduction de la page payante de Médiapart : Selon un document consulté par Mediapart, le marchand d’armes Ziad Takieddine, organisateur en 2005 et 2007 des visites de Nicolas Sarkozy et de ses proches en Libye, aurait mis en place les « modalités de financement » de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime de Kadhafi, en lien avec Brice Hortefeux, alors ministre des collectivités locales, et Saïf al-Islam. Un montant de 50 millions d’euros, une banque suisse et un compte à Panama sont évoqués dans ce document.

Le 18 octobre 2011, les policiers ont versé au dossier d’instruction une note de synthèse sur laquelle figure une référence à un document baptisé « GEN/ NS V. MEMO DG », qui contient sans les expliciter les initiales du président de la République. Cette note de synthèse a été rédigée et remise aux enquêteurs par un témoin du dossier, Jean-Charles Brisard, ancien membre de l’équipe de campagne d’Edouard Balladur, en 1995, aujourd’hui dirigeant d’une société de renseignements privée. Le document contient aussi les références du compte suisse de la sœur de Jean-François Copé, le patron de l’UMP, dont M. Brisard est un proche.

Dans le corps de l’article apparaissent divers personnages : monsieur Brisard, témoin clé qui a fait la note de synthèse, le neuro-chirurgien, Didier Grosskof qui a opéré à la demande de Copé, alors ministre (le tout payé par la République bonne fille) le sieur Takieddine ayant subi un traumatisme crânien en avril 2004 lors d’un possible accident de voiture qui pourrait être une tentative de meurtre, et qui ensuite s’est occupé de ce malade et de son suivi médical en France, Copé, l’ami commun, Guéant et Hortefeux tous deux émissaires en Libye et Sarkozy qui s’est rendu plusieurs fois chez Kadhafi.

Dans la note de synthèse remise à la police n’apparaît pas le témoignage du chirurgien qui a donné une version complète à ce Brisard, ce médecin considérant Takieddine comme un des plus grands corrupteurs qui soit. Le chirurgien : « C’est une affaire qui dépasse l’imagination la plus féconde, poursuit le Dr Grosskopf. Je suis désolé comme citoyen par cette affaire. Mais je ne pouvais pas imaginer, en organisant le rapatriement sanitaire de ce monsieur, qu’il s’agissait du plus grand corrupteur de la République. » Le docteur dit en vouloir « au pouvoir » qui l’a entraîné là, mais pas à Jean-François Copé « qui reste un ami ».

Souvenons-nous qu’en mars 2011 Takieddine a été arrêté par la douane française en possession d’1,5 million d’euros en provenance de Libye, et en liquide. Rappelons-nous aussi que le fils de Kadhafi avait nommément accusé Sarkozy d’avoir été financé par la Libye sans que cela ne déclenche d’enquête en France alors que le parquet aurait dû se saisir de l’information et agir. Le soupçon d’une participation libyenne au financement de Nicolas Sarkozy avait été alimenté par les autorités de Tripoli elles-mêmes il y a un an par les déclarations spectaculaires de Kadhafi et de son fils, Saïf al-Islam. Dès le mois de mars 2011, deux jours avant l’intervention militaire occidentale, ce dernier avait accusé le pouvoir français dans un entretien donné à la chaîne Euronews : « Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. »

« La première chose que l’on demande à ce clown, c’est de rendre l’argent au peuple libyen, avait-il ajouté. Nous lui avons accordé une aide afin qu’il œuvre pour le peuple libyen, mais il nous a déçus. Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement. »

Dans cette note de synthèse il est indiqué que ce serait lors de la visite de Sarkozy et Hortefeux que le système de financement aurait été mis en place, le 6 octobre 2005. L’argent aurait transité par une société panaméenne et une banque suisse. Le document est on ne plus clair :

 MEMO DG
SUISSE
 20.12.2006

 CAMP07
 MODALITES FIN CAMPAGNE NS REGLEES LORS DE LA VISITE LIBYE NS + BH 06.10.2005
 PLUSIEURS ENTRETIENS PREALABLES ENTRE ZT ET SAIF AL ISLAM
 ZT CHARGE DU MONTAGE
 ZT INTERV CONTRATS COMM SEC ARMEES ET CARTES ID A PUCES

 FIN LIB 50 ME
 MONTAGE INCLUT SOC BH PAN + BANQUE SUISSE (ND)
 FIN CAMPAGNE TOTALEMENT REGLE

Campagne totalement réglée ! Quoi de mieux ?

Il faut tirer de cet article plusieurs conclusions :

– que la presse devrait faire son travail et introduire ces informations dans la campagne électorale jusqu’à obtenir des réponses

– si cette information est avérée cela implique que Sarkozy a financé illégalement sa campagne électorale de 2007 qu’il est donc illégitime à la tête de la République française, qu’il ne peut décemment pas se représenter

– que ce financement, s’il est avéré, a poussé Sarkozy à inviter Kadhafi à la grande honte de la France, il nous y aura impliqués à notre corps défendant

– que, si ceci est vrai, on peut se poser la question de la mort de Kadhafi d’abord bombardé par l’armée française et nos devons savoir si l’ordre d’éliminer Kadhafi, s’il y a eu ordre, venait de l’Elysée, qui imposerait la Haute Cour de Justice pour juger Sarkozy d’avoir usé des forces militaires françaises pour vouloir faire assassiner un chef d’Etat afin de protéger le secret du financement occulte et illégale de sa campagne de 2007.

Il nous reste moins de six semaines pour nous débarrasser de ce pouvoir. Souvenons-nous à chaque instant de cette campagne qu’Eric Woerth a été mis deux fois en examen dont une pour recel de financement illégal de parti ce qui est une forte suspicion de l’illégalité de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 et donc l’illégalité de son élection. Trouvez aussi ici la vraie timeline de Sarkozy (journal Facebook) Faisons notre Révolution en 2012, et avant si possible. Et votez en conscience après avoir lu ce livre des méfaits du clan Sarkozy Le Sarkozyland et ses méfaits(epub) ou Le Sarkozyland et ses méfaits(issuu)   Lire la suite »

Poster un commentaire

Maisons de retraite : irrespect des personnes et infantilisation méprisante

Vous avez dix minutes? Alors, prenez-les pour écouter cette lycéenne. Elle vient de remporter le concours de plaidoirie organisé par le Mémorial de Caen. Elle a choisi pour thème le bout du bout de la vie, celui que nous redoutons tous, et elle l’a transcendé.

Le problème ne vient pas seulement du nombre d’aide-soignants dans les maisons de retraites, mais des maisons de retraites elles-mêmes. C’est tout le système qu’il faudrait changer, en incorporant les vieux à la société, comme dans la civilisation amérindienne, et en abandonnant cette culture de la productivité et de l’argent.

C’est toute la société qui a dérivé. Là encore de la folie à la sagesse il y a loin de la coupe aux lèvres… Mais comment garder chez soi un vieillard surtout en ville,  lorsque les prix de l’immobilier ont atteint de tels sommets que les m2 sont comptés ?
Comment garder chez soi un parent à peine valide lorsqu’on arrive tout juste  à gérer les enfants et que l’on court sans arrêt entre le boulot et les obligations de la vie ?

Il faudrait faire des sacrifices par amour de ces vieux qui eux mêmes se sont sacrifiés pour nous lancer dans la vie… Ce n’est pas l’optique de la société actuelle, nous le savons bien. Quand aux mouroirs incriminés, il faut être allé dans ces lieux pour en mesurer la tristesse, l’irrespect des personnes par le biais d’une infantilisation méprisante, et l’acharnement à vouloir maintenir en vie des personnes que l’on prive à 90 ans, même du plaisir de manger,  sous prétexte qu’ils ont un « régime »… Les laisser mourir, à un certain stade, serait une charité. On fait piquer nos animaux chéris arrivés au bout par compassion, mais on torture nos vieillards à coup de traitement, d’opérations non justifiées, de frustrations de tout genre pour alimenter le Léviathan économique…

, , ,

Poster un commentaire

Le vote électronique est anti-démocratique, pourquoi ?

Étoffez vos connaissances sur le sujet : Le vote électronique est-il vraiment possible ?

Après avoir visionné ces vidéos vous ne verrez plus le vote électronique comme un progrès.

, , ,

Poster un commentaire

La guerre de l’eau

Du lac Nasser, en Égypte, à la mer d’Aral, en Asie centrale, en passant par le Brésil, l’Argentine, la Chine, l’Amérique du Nord et l’Islande, le premier volet de cette série documentaire passe en revue quelques grands projets hydrologiques, destinés à maîtriser l’eau et son approvisionnement.

Au travers de cet étonnant tour du monde aquatique, Anders Taylor Larsen souligne la valeur géopolitique de cette indispensable ressource naturelle, qui non seulement dessine et délimite les territoires, mais conditionne aussi la vie des hommes et des écosystèmes sur tous les continents.

, , , ,

Poster un commentaire

Exposition sur les gaulois à la Villette

http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/expositions/gaulois/

Gaulois expo

A voir : C’est pas sorcier , Les Gaulois

,

1 commentaire

La gouvernance mondiale, c’est quoi?

Un conseil de gouvernement supranational qui exerce un contrôle sur l’économie, via la toute-puissance des marchés. http://www.youtube.com/watch?v=9GRQxzYx0aA

, , ,

Poster un commentaire

La Françafrique, fille de la Franc-maçonnerie

Lire la suite »

, , , , ,

Poster un commentaire

L’oligarchie n’existe pas, la preuve…

Lire la suite »

, , , ,

Poster un commentaire

La classe politique française soumise à Israël : Un État dans l’État

Sarkozy au CRIF : « Israël, c’est un miracle »

Lors du dîner du Crif, le 8 février, Nicolas Sarkozy a crié son amour d’Israël : « Israël, c’est un miracle« , a-t-il répété à plusieurs reprises. Il a tenu à rassurer les Israéliens en promettant : « Jamais la France ne reconnaîtra unilatéralement et sans conditions l’Etat palestinien« . Le président de la République française (je le précise) a assuré Israël de son soutien lors d’un éventuel conflit armé avec l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad. « Toute mon histoire, ça a été d’être proche d’Israël« , a-t-il insisté.

Nicolas Sarkozy a aussi révisé l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale : selon lui, la France et l’Allemagne ont eu « l’idée folle de la Shoah« … Vous avez bien entendu : la France, avec l’Allemagne, a eu l’idée d’exterminer les juifs d’Europe ! C’est un scoop ! Souvenez-vous : en 2007, celui qui n’était pas encore chef de l’Etat avait tenu un discours très différent : « La France n’a jamais exterminé un peuple, la France n’a pas inventé la Solution finale, la France n’a pas commis de crime contre l’humanité, la France n’a pas commis de génocide…« 

Diantre ! Mais que s’est-il passé en cinq ans pour que la France soit désormais co-responsable, à égalité avec l’Allemagne nazie, de la Shoah ? Peut-être est-ce une question de public : en 2007, Sarkozy s’adressait à un parterre de militants qu’il fallait galvaniser. Il fallait montrer les muscles. Il fallait être fier. Pas de repentance ! Mais en 2012, il parle devant le Crif, sorte d’ambassade israélienne en France, et là Sarko se repent et abaisse la France.

Voici le discours de Nicolas Sarkozy dans son intégralité. Le passage sur la France et l’Allemagne co-responsables de la Shoah se situe à la 7e minute :

Tout le gouvernement, et même toute la classe politique française s’était donnée rendez-vous au dîner du Crif, ce raout incontournable pour qui veut sérieusement briguer le pouvoir en France, à l’exception de François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan, et bien sûr les extrêmes (FN, Front de gauche et Verts), boycottés par le Crif pour leur hostilité à l’égard d’Israël. Le journaliste de Public Sénat, qui a une curieuse conception de la République, répète à plusieurs reprises que le dîner du Crif est un « dîner républicain« … alors qu’il s’agit, faut-il le rappeler, d’un dîner communautariste.

Allez, pour le plaisir, réécoutons ces belles archives qui nous montrent un lieutenant de François Hollande (l’homme qui a promis au Crif une grande « sévérité à l’égard des actes antisémites et antisionistes« ) et plusieurs proches de Nicolas Sarkozy dire leur attachement indéfectible et même éternel à Israël… en espérant qu’ils aient au moins le même pour leur pays :

Manuel Valls : « Je suis lié de manière éternelle à Israël » http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=NIfwf19L4lg

Claude Goasguen : « Nous serons les alliés indéfectibles d’Israël, nous défendrons Israël jusqu’au bout, c’est notre destinée, à nous de la république de France« 

Eric Raoult : « Pour moi, Israël, c’est plus important que les retraites »

Enfin, Claude Guéant, à Marseille (France), entre deux drapeaux israéliens :

, , , , , ,

Poster un commentaire

« Un monde s’écroule sous nos yeux »

Dans ce grand entretien, Frédéric Lordon nous livre ses commentaires et analyses de la crise économique actuelle et de ses origines. Avec un ton incisif et un regard acerbe, il revient sur les causes et effets de la crise elle-même, mais commente également le traitement de l’économie par les médias, la place de l’économie au sein de l’institution universitaire, et l’éventuelle sortie de l’euro. Sonnant le glas du projet néolibéral, l’actualité est, nous dit-il, une occasion unique de changements profonds : un monde s’écroule sous nos yeux.

RdL : Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui est en train d’arriver sous nos yeux, depuis au moins une trentaine d’années, depuis 2008, depuis quelques mois, ces dernières semaines ?

Frédéric Lordon : C’est une leçon de choses historiques. Ouvrons bien les yeux, on n’a pas souvent l’occasion d’en voir de pareilles. Nous assistons à l’écroulement d’un monde et ça va faire du gravât. L’histoire économique, en tout cas celle qui a fait le choix de ne pas être totalement bornée – je veux parler d’auteurs comme Kindleberger, Minsky ou Galbraith – a depuis longtemps médité l’effrayant pouvoir de destruction de la finance libéralisée. Il fallait de puissants intérêts – très évidemment constitués – à la cécité historique pour remettre sur les rails ce train de la finance qui a déjà causé tant de désastres ; en France, comme on sait, c’est la gauche de gouvernement qui s’en est chargée.

De sorte que, à la lumière de ces leçons de l’histoire, on pouvait dès le premier moment de la dérégulation financière annoncer la perspective d’une immense catastrophe, et ce sans pourtant savoir ni où, ni quand, ni comment exactement elle allait se produire. La catastrophe en question aura pris vingt ans pour survenir, mais voilà, nous y sommes.

Notons tout de même qu’un scénario que certains avaient envisagé d’assez longue date considérait l’hypothèse de la succession de crises financières sérieuses, rattrapées mais, aucune des contradictions fondamentales de la finance de marché n’étant résolues, enchaînées selon un ordre de gravité croissante, jusqu’à la big one.

Sous ce rapport, la première crise de la série n’aura pas pris un an pour se manifester puisque le grand krach boursier se produit en 1987… après le big bang de 1986. Puis elles se sont succédé à intervalle moyen de trois ans. Et nous voilà en 2007. 2007, n’est-ce pas, et pas 2010. Car le discours libéral n’a rien de plus pressé que de nous faire avaler l’idée d’une crise des dettes publiques tout à fait autonome, européenne dans son principe, et imputable à une fatalité d’essence de l’État impécunieux. Lire la suite »

, , , , ,

Poster un commentaire

Documentaire : La consommation à outrance…je consomme donc je suis.

Dans la société de consommation moderne le neuf et le beau ne suffisent plus: il faut posséder (parfois en plusieurs exemplaires) les produits dernier cri les plus performants. Les achats ne sont plus destinés à répondre à des besoins fondamentaux mais à satisfaire nos désirs à être enviés à épater. Conséquence: le bonheur que procure l’acquisition d’un nouvel objet est toujours plus éphémère; nous sommes en proie à un sentiment d’insatisfaction permanente. De plus, la durée de vie des produits ne cesse de diminuer, conduisant à l’épuisement des ressources et à l’accumulation des déchets. Derrière l’attitude de ces acheteurs boulimiques se profile un véritable scénario catastrophe. Est-il trop tard pour arrêter la machine que nous avons lancée? Sociologues, psychologues, philosophes, spécialistes du marketing et de la publicité reviennent sur les limites du consumérisme et notre recherche effrénée du bonheur. Un documentaire sans concession sur les limites du capitalisme et du rêve américain.

Les 2 autres parties du documentaire ici : Lire la suite »

, , , ,

1 commentaire

Face au chômage… des plans d’austérité : la solution des technocrates

Conséquences des politiques d’austérité : le chômage ne cesse de progresser dans la zone euro, ce qui fragilise d’autant plus la moindre perspective de croissance. Plan d’austérité, dégradation des notes de la dette des Etats par les agences de notation, la mécanique suicidaire des architectes de la mondialisation sans repères moraux, produit les conséquences attendues. Officiellement, le chômage concerne désormais plus de 10 % de la population active de l’union monétaire. Selon les statistiques officielles, plus de 16 millions de personnes sont désormais sans emploi en zone euro, c’est-à-dire l’équivalent de l’ensemble de la population des Pays-Bas. C’est un record depuis juin 1998, date de l’introduction de l’euro. Depuis cette époque, l’écart entre les pays de la zone nord et ceux appartenant à la zone sud n’a cessé de se creuser. Aujourd’hui, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, subissent de plein fouet les conséquences d’une monnaie unique et d’une politique monétaire commune.

Avant-hier, dans l’émission C dans l’air, l’économiste de l’école Fabienne Christian de Saint-Étienne, a très bien exprimé ce que nous écrivons dans le cadre de la lettre confidentielle depuis plusieurs mois. À savoir que la Grèce est un « laboratoire » où les plans d’austérité se succèdent afin de tester la résistance de la population. Des eurocrates continuent à frapper le peuple grec tandis que les plus grosses fortunes grecques sont déjà en Suisse. Nous arrivons incontestablement à une situation de non-retour. Il ne faut donc pas abuser du bâton, recommande Christian de Saint-Étienne. On ignore ce que l’avenir réserve à la France, et les événements grecs pourraient fort bien se répéter chez nous. Intéressant comme propos, de la part d’un économiste du « Système ».

Il y a beaucoup de malheurs chez nos voisins, et les économistes sont de plus en plus nombreux à pronostiquer que la chute de l’activité en 2012 pénalisera tout le monde. Hier, les plans d’austérité étaient chaudement recommandés pour réduire les déficits budgétaires. Aujourd’hui, comme en témoigne le sommet européen du 30 janvier, les dirigeants politiques de la zone euro évoquent la nécessité de soutenir l’activité. Mais, autant le dire tout de suite, la marge de manoeuvre est très faible car l’ombre des marchés financiers (les fameuses agences de notation) est plus que jamais là. Depuis quelques jours, ces agences de notation dégradent à tout-va banques et États, dans l’indifférence apparente puisque les indices boursiers remontent… grâce aux injections. Remarquez pour certaines valeurs (surtout bancaires) qu’à chaque fois que l’on approche des points pivots donnés par Trader Noé, un petit coup de rein est donné pour éviter de les franchir ! Comme quoi, le scénario est bien huilé et ils savent parfaitement ce qu’ils font. Cela dit, on sait tous ici qu’un jour (re)viendra où les dégradations successives des agences de notation pour les banques, valeurs industrielles et Etats, expliqueront le prochain plongeon. A ce moment, il y aura inéluctablement une forte hausse des coûts de financement de toutes les « structures » dégradées. L’impression dominante est tout simplement que les dirigeants politiques comme les experts choisis pour être leurs conseillers, n’ont pas la moindre solution. Cela durera tant que l’on assistera à une soumission des politiciens au monde financier et à un refus de se soumettre au Système.

Quel que soit le candidat prochainement élu, il ne sera que le sous-fifre de cette finance apatride nauséabonde, dont l’objectif a été clairement exprimé depuis de nombreuses décennies : « Le verrou qui doit sauter c’est la nation ». ll semble bien que nous vivons l’époque de la fin du temps des nations… (lettre information économique)

, , , , ,

Poster un commentaire

La régression intellectuelle de la France

France régression intellectuelleLa France des années 2010 ressemble de moins en moins à la France des Lumières et des libres penseurs occidentaux du 19ème siècle, qu’ils soient allemands, anglais ou français. Tel est le sévère constat tracé par Philippe Nemo qui dans un court essai, entre analyse et pamphlet, nous confie qu’il ne reconnaît plus le grand pays intellectuel que fut la France il y a quelques décennies (La régression intellectuelle de la France, Texquis, 2011). En spécialiste de la pensée libérale et de la philosophie politique, Nemo fonde ses conclusions sur une analyse très fine des lois votées par le Parlement qui, sous prétexte de protéger la mémoire et les communautés, interdisent, pour ne pas dire censurent, des propos qui pourtant, bien que pouvant choquer, ont toute leur place dans le débat public. La loi Gayssot est visée, servant d’illustration édifiante à une ambiance d’époque assez bien croquée par l’auteur qui voit l’émergence d’une censure généralisée de l’exposé de certains sujets qu’il ne faut pas aborder et qui font prendre à celui qui s’y engage le risque d’être sévèrement condamnée par la juridiction. Naïfs que nous sommes en tant qu’honnêtes citoyens, nous trouvons en général que ces lois interdisant des tas de propos « méchants » participent d’une bonne intention et d’une paix républicaine. Or, ces lois représentent une régression des libertés et c’est l’intérêt de cette étude sur les « lois censurielles » que de nous alerter sur un « esprit contemporain » qui tend de plus en plus à façonner le paysage intellectuel tout en contraignant quelques thèmes sensibles à être exclus du débat public.

La loi du 29 juillet 1881 régit la liberté d’expression dans la presse depuis plus d’un siècle. Elle est considérée comme fondatrice, héritière des combats pour la liberté menés pendant des décennies, tout en étant interprétée comme une émanation de la déclaration de 1789, date symbolique qui comme le souligne Nemo dans d’autres publications, se démarque de 1793, symbole de la terreur et de la dictature jacobine. Cette loi de 1881 établit le pluralisme des opinions publiques, interdisant uniquement les propos susceptibles de nuire à la dignité des personnes ou à l’ordre public. Sont proscrites, la diffamation, l’injure et l’incitation à l’émeute. D’après Nemo, un premier coup de canif à cette loi fut apporté en 1972, sous le gouvernement Chaban, par la loi Pleven interdisant, au nom de la lutte contre le racisme, l’incitation à la haine. L’auteur insiste sur quelques détails et Dieu sait si le diable est logé dans les détails. Notamment le fait que la haine ne soit pas un acte mais un sentiment, lié à l’intériorité. De plus, on se demande comment établir avec certitude un supposé effet incitatif. Selon Nemo, cette loi ferait régresser le droit pénal en deçà d’Abélard, un droit qui punit des propos avant même qu’ils ne causent des torts et sans qu’on puisse établir avec certitude qu’ils puissent en causer (pour rappel, le droit français impose à l’accusation d’établir avec certitude la preuve du délit) Lire la suite »

, , , , ,

Poster un commentaire